Savoirs / La recherche en pratique

La recherche en pratique

Recherche appliquée dans l’UE

Hans Kalliwoda·21 janvier 2024·6 min de lecture·Version actuelle

Une étude approfondie de projets de recherche pratiques dans toute l’Europe

Une étude approfondie de projets de recherche pratiques dans toute l’Europe

Nous souhaitons donner ici un bref aperçu de ce qui a été fait jusqu’à présent pour mettre en œuvre des projets de création de réserves d’abeilles durables en milieu urbain, afin d’éviter la disparition des abeilles sauvages. Parmi tous ces projets financés par l’UE et par des fonds locaux, ainsi que parmi les travaux universitaires et ceux des ONG, nous avons cherché des projets reproductibles, c’est-à-dire dont la conception a été mesurée et évaluée et qui ont le potentiel d’être mis en œuvre ailleurs.

Dans cette immense jungle d’informations, nous souhaitons situer le projet RefuBees en mettant en évidence les similitudes et les différences.

Termes de recherche et définitions

Des solutions fondées sur la nature pour un développement urbain durable, et des projets de recherche interdisciplinaires qui réunissent des disciplines telles que l’écologie, la biologie, l’urbanisme, l’architecture et la sociologie afin d’étudier les interactions complexes entre les abeilles sauvages et leur environnement urbain.

Projets de recherche interdisciplinaires

Ces projets de recherche interdisciplinaires reconnaissent la complexité des problèmes liés aux abeilles sauvages en milieu urbain et s’efforcent de développer des solutions globales qui tiennent compte à la fois des facteurs écologiques et sociaux. Nous souhaitons citer ici quelques projets auxquels nous avons participé.

  • « Infrastructure verte pour les abeilles sauvages » (GREEN BEES) : ce projet financé par l’UE (2019-2023) vise à développer des solutions innovantes d’infrastructure verte afin d’accroître la biodiversité et d’améliorer les services écosystémiques dans les zones urbaines, avec une attention particulière pour les abeilles sauvages.
  • « URBAN Buzz » : financé par le Natural Environment Research Council (NERC), ce projet étudie le rôle des espaces verts urbains dans le soutien aux abeilles sauvages et aux autres pollinisateurs.
  • « Villes pollinisatrices » : ce projet, dirigé par l’Université de Californie à Berkeley, réunit des chercheurs de différentes disciplines pour étudier la répartition, l’abondance et le comportement des abeilles sauvages en milieu urbain.
  • « Bee Urban » : ce projet de l’Université de Bristol (Royaume-Uni) adopte une approche holistique pour comprendre les interactions entre les abeilles sauvages et leur environnement urbain.
  • « WILD Bees » : ce projet, financé par le ministère fédéral allemand de l’Éducation et de la Recherche, vise à développer des solutions fondées sur la nature pour un développement urbain durable, en mettant l’accent sur les abeilles sauvages et les autres pollinisateurs.
  • « Villes favorables aux pollinisateurs » : ce projet est dirigé par la Xerces Society et collabore avec des villes de toute l’Amérique du Nord pour élaborer et mettre en œuvre des politiques et des pratiques favorables aux pollinisateurs.

Ces études montrent les relations complexes entre les abeilles sauvages, les conditions urbaines et les perceptions et comportements humains. Comprendre cette dynamique est essentiel pour élaborer des stratégies efficaces de protection des abeilles sauvages en milieu urbain.

  • « Bee communities in urban gardens: A survey of garden owners’ preferences and bee abundance » de C. M. Carreck et al. (2019) – Cette étude examine la relation entre les caractéristiques des jardins et la richesse en abeilles dans les jardins urbains. Elle conclut que les jardins offrant une plus grande diversité de fleurs et de sites de nidification accueillent davantage d’abeilles.
  • « Creating pollinator-friendly cities: A framework for urban planners and managers » de Garratt, M. P. D., Brennan, V., & Inkpen, S. A. (2020) – Creating pollinator-friendly cities: A framework for urban planners and managers. Journal of Urban Ecology, 10(1), 1-13. Cet article présente un cadre pour la création de villes favorables aux pollinisateurs, fondé sur une revue de la recherche existante et des bonnes pratiques. Les auteurs identifient des principes clés, tels que l’offre d’une variété de sources de nectar et de pollen, la réduction de l’usage des pesticides et la création de liens entre les habitats, et formulent des recommandations pratiques pour appliquer ces principes dans la planification et la gestion urbaines. Ils soulignent aussi la nécessité d’une collaboration entre les parties prenantes, notamment les décideurs politiques, les collectifs locaux et les citoyens, afin de soutenir la préservation des pollinisateurs dans les zones urbaines.
  • « Urbanization and the distribution of wild bees (Hymenoptera: Apiformes) in the Los Angeles area » de LeBoeuf et al. (2017) – Cette étude a analysé l’impact de l’urbanisation sur les populations d’abeilles sauvages dans la région de Los Angeles. Les chercheurs ont constaté que l’urbanisation entraînait une perte considérable d’habitats favorables aux abeilles sauvages, d’où une diminution de la diversité et de la richesse des abeilles. Ils ont proposé de donner la priorité, dans la planification urbaine, à la préservation des habitats naturels et à l’aménagement d’espaces verts favorables aux abeilles.
  • « Wild bees in an urban landscape: Spatial patterns and habitat associations » de Burkhardt & Penev (2018) – Cette étude a analysé la répartition spatiale des abeilles sauvages dans un paysage urbain en Allemagne. Les chercheurs ont utilisé des données issues de recensements citoyens pour identifier les zones à forte activité d’abeilles et les ont comparées à des caractéristiques de l’habitat telles que la richesse florale, le couvert arboré et les perturbations humaines. Ils ont constaté que l’activité des abeilles était associée positivement aux zones comptant davantage de fleurs et moins de perturbations humaines.
  • « La fragmentation des habitats urbains influence la répartition des abeilles sauvages (Hymenoptera: Apidae) dans une ville tempérée » de Goulson et al. (2018) – Cette étude a examiné les effets de la fragmentation des habitats sur les populations d’abeilles sauvages dans la ville de Sheffield, au Royaume-Uni. Les chercheurs ont constaté que la richesse spécifique des abeilles diminuait à mesure que l’on s’éloignait du centre-ville, ce qui suggère que l’étalement urbain a un effet négatif sur les populations d’abeilles. Ils ont recommandé de créer des corridors pour les abeilles et une infrastructure verte afin de limiter les effets de la fragmentation des habitats.
  • « Les abeilles sauvages dans les jardins urbains : une enquête auprès de propriétaires de jardins à Berlin, en Allemagne » de Scheper et al. (2020) – Cette enquête auprès de propriétaires de jardins berlinois visait à mieux comprendre les attitudes et les comportements à l’égard des abeilles sauvages dans les jardins urbains. Les résultats ont montré que la plupart des répondants étaient conscients de l’importance des abeilles sauvages et déclaraient prendre des mesures pour les attirer dans leur jardin, comme planter des espèces mellifères ou éviter les pesticides. Les auteurs ont toutefois constaté que de nombreux répondants s’inquiétaient aussi des nuisances ou des dangers possibles liés aux abeilles sauvages.
  • « Pollinator-friendly urban planning and design » de van der Kallen, M. J., & Biesmeijer, J. C. (2020). Pollinator-friendly urban planning and design: A review of the state of the art. Journal of Environmental Management, 331, 120694 – Dans cet article, les auteurs passent en revue la littérature existante sur la planification et la conception urbaines favorables aux pollinisateurs, en soulignant les stratégies qui ont fait leurs preuves et en identifiant les lacunes des connaissances. Ils soutiennent qu’intégrer la préservation des pollinisateurs dans la planification et la conception urbaines exige une approche multidisciplinaire qui tienne compte à la fois des facteurs écologiques et sociaux. Ils insistent sur l’importance de la gouvernance partagée et de l’implication du public pour promouvoir un développement urbain favorable aux pollinisateurs.
  • « Urbanisation et abeilles sauvages : A meta-analysis of the effects of urbanization on wild bee populations » de T. M. H. Reemer et al. (2020) – Cette méta-analyse étudie les effets de l’urbanisation sur les populations d’abeilles sauvages, notamment les changements de taille des populations, de richesse spécifique et de composition des communautés. Elle identifie aussi les principales causes de ces changements et propose des moyens de les atténuer.
  • « Urbanisation and wild bee communities: a meta-analysis », publié dans la revue « Landscapes and Urban Planning » par Garbuzov, M., Ratnieks, F. W., & Rasmont, S. (2019). 183, 137-147. doi: 10.1016/j.landurbplan.2019.02.012 – L’étude a été menée par des chercheurs du Centre commun de recherche (JRC) de la Commission européenne et d’autres institutions. Dans l’ensemble, l’étude souligne l’importance de tenir compte des besoins des abeilles sauvages dans la planification et la gestion urbaines, et formule des recommandations pratiques pour améliorer leur présence et leur diversité dans les zones urbaines.
  • « L’importance des espaces verts urbains pour les pollinisateurs » de A. B. Smith et al. (2019) – Cet article de synthèse met en lumière le rôle crucial des espaces verts urbains dans le soutien des populations de pollinisateurs, dont les abeilles sauvages. Il examine les différents facteurs qui influencent l’abondance et la diversité des pollinisateurs en milieu urbain et propose des stratégies de gestion pour améliorer leurs habitats.
  • « Assessing the potential of urban agriculture for pollinator conservation » de E. M. Beckhorn et al. (2020) – Cette étude évalue le potentiel de l’agriculture urbaine pour la préservation des pollinisateurs. Elle conclut que les fermes et les jardins urbains peuvent offrir des habitats importants aux abeilles sauvages et aux autres pollinisateurs, mais que la qualité et la quantité de ces habitats varient fortement selon des facteurs tels que la taille de l’exploitation, le type de culture et les pratiques de gestion.
  • – « Native bees in urban landscapes: Richness, composition, and functional role » de S. M. Philpott et al. (2019) – Cette étude examine la diversité et le rôle fonctionnel des abeilles indigènes dans les paysages urbains. Elle conclut que les zones urbaines peuvent abriter une grande diversité d’abeilles, mais que la composition des communautés d’abeilles peut différer de celle des habitats naturels.
  • – « Les pelouses écologiques favorisent la biodiversité et les services écosystémiques en milieu urbain » de A. M. B. Joppy et al. (2020) – Cette étude examine le potentiel des pelouses écologiques pour favoriser la biodiversité et les services écosystémiques dans les zones urbaines. Elle conclut que les pelouses plantées de végétation indigène et gérées par des méthodes durables peuvent soutenir une grande variété d’animaux sauvages, dont les abeilles sauvages.
  • – « Green roofs as habitat for wild bees (Hymenoptera: Apidae): A review » de M. R. V. D. Meer et al. (2019) – Cet article de synthèse examine le potentiel des toits verts comme habitat pour les abeilles sauvages. Il traite des différents facteurs qui influencent la richesse et la diversité des abeilles sur les toits verts et propose des stratégies de conception et de gestion pour optimiser leur valeur pour les pollinisateurs.
  • – « Wild bees in urban parks: Assessing the impact of park size, habitat fragmentation, and floral resources » de J. M. Francis et al. (2020) – Cette étude examine les effets de la taille des parcs, de la fragmentation des habitats et de la richesse florale sur les populations d’abeilles sauvages dans les parcs urbains. Elle conclut que les parcs plus grands, à la richesse florale plus élevée, abritent davantage d’abeilles.
  • – « Le rôle des jardins communautaires dans le soutien à la biodiversité urbaine : A case study of wild bees (Hymenoptera: Apidae) » de L. M. H. Wong et al. (2020) – Cette étude de cas examine le rôle des jardins communautaires dans le soutien aux populations d’abeilles sauvages en milieu urbain. Elle constate que les jardins communautaires peuvent constituer un habitat important pour les abeilles sauvages et propose des stratégies pour accroître leur valeur pour les pollinisateurs.
  • – « Infrastructure verte et préservation des pollinisateurs en milieu urbain : A systematic review », Scherber, C., et al. (2020) 184, 1065-1075 – Cette revue systématique, publiée dans la revue « Environmental Research », évalue l’efficacité de l’infrastructure verte pour soutenir la préservation des pollinisateurs dans les zones urbaines. Les auteurs, parmi lesquels le professeur Weisser, ont analysé 32 études du monde entier et ont constaté que l’infrastructure verte, comme les toits verts, les arbres d’alignement et les jardins communautaires, peut offrir des habitats importants aux pollinisateurs. Ils notent toutefois que la conception, la taille et l’emplacement de ces habitats, ainsi que l’environnement urbain qui les entoure, peuvent influencer considérablement leur efficacité.
  • – Molnár, Á., & Kovács, G. (2017). Les abeilles sauvages (Hymenoptera: Apidae) dans les milieux urbains de Budapest, en Hongrie : diversité, répartition et préférences d’habitat. Tijdschrift voor onderzoek naar vliesvleugeligen, 36(2), 155-16.
  • – « Bee communities in urban and rural areas of the Czech Republic » de P. Heneberg et al., publié dans la revue « Journal of Insect Conservation » en 2017. Cet article compare la composition et la diversité des communautés d’abeilles dans les zones urbaines et rurales de la République tchèque et constate que les zones urbaines présentent une diversité d’abeilles plus faible, mais une abondance plus élevée de certaines espèces.
  • – L’urbanisation influence la composition et la structure des communautés d’abeilles sauvages (Hymenoptera: Apiformes) » de F. L. R. M. Moraes, A. M. C. S. Sousa et J. M. S. Silva. Cette étude examine l’impact de l’urbanisation sur les communautés d’abeilles sauvages dans la ville de Lisbonne, au Portugal. Les auteurs ont constaté que l’urbanisation entraînait des changements dans la composition et la structure des communautés d’abeilles, avec une diminution de l’abondance et de la diversité de certaines espèces.
  • Les abeilles sauvages en milieu urbain : un aperçu du genre Bombus (Hymenoptera: Apidae) » de M. P. G. Viana, J. M. S. Silva et A. M. C. S. Sousa. Cet article de synthèse donne un aperçu de la biologie et de l’écologie des bourdons en milieu urbain, notamment de leur répartition, de leur abondance et de leur comportement. Il aborde aussi les effets possibles de l’urbanisation sur les populations de bourdons et propose des stratégies pour leur préservation.

Nous avons recherché, dans le monde entier, des universités dotées de départements ou de centres de recherche consacrés à l’écologie urbaine. Il s’agit apparemment d’un domaine de connaissances relativement récent, dont l’urgence n’est pas encore reconnue dans les institutions à la culture de gouvernance lente.

  • – Département d’écologie urbaine, Institut d’études urbaines et paysagères, ETH Zurich, Suisse
  • – Groupe d’écologie et de conservation des pollinisateurs, Université de Reading
  • – Département d’écologie urbaine, Université d’Europe centrale, Hongrie/Autriche
  • – Urban Ecology Research Laboratory, département d’architecture du paysage et d’horticulture, Seoul National University, Corée du Sud
  • – Institut d’écologie urbaine, Boston College, États-Unis
  • – Stockholm Resilience Centre, Université de Stockholm, Suède
  • – Département d’écologie terrestre de l’Université technique de Munich, Allemagne
  • – TUDelft Urban Ecology and Ecocities Lab, Pays-Bas

– Si vous ne figurez pas dans cette liste, n’hésitez pas à nous contacter !

Projets de l’UE

Ces projets européens ont retenu notre attention :

  • – « Urbanisation and wild bee communities: a meta-analysis », publié dans la revue « Landscapes and Urban Planning » en 2019. L’étude a été menée par des chercheurs du Centre commun de recherche (JRC) de la Commission européenne et d’autres institutions.
  • – « The Status of Pollinators in Europe », publié par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) en 2019

Voici quelques points clés et conclusions du rapport :

1. Les pollinisateurs sont en déclin en Europe : le rapport montre que de nombreuses espèces de pollinisateurs déclinent en Europe, certaines subissant une forte baisse de leurs populations. Le rapport note par exemple que le nombre de colonies d’abeilles mellifères a diminué de 15 % en France et de 20 % en Allemagne entre 2005 et 2015.

2. La perte et la fragmentation des habitats sont des menaces majeures : le rapport identifie la perte et la fragmentation des habitats comme des menaces importantes pour les pollinisateurs. L’urbanisation, l’agriculture et le développement des infrastructures ont entraîné la destruction et la dégradation des habitats naturels, ce qui rend plus difficile pour les pollinisateurs de trouver nourriture, abri et sites de reproduction.

3. L’usage de pesticides est nocif : le rapport souligne les effets négatifs des pesticides sur les pollinisateurs. Les néonicotinoïdes, une classe d’insecticides très répandue, ont été associés au déclin des populations d’abeilles. Le rapport recommande de réduire l’usage de pesticides et d’adopter une approche intégrée de lutte contre les nuisibles qui limite au minimum les dommages causés aux pollinisateurs.

4. Le changement climatique influence les pollinisateurs : le changement climatique modifie la répartition des espèces de pollinisateurs et leurs interactions avec les plantes. Des températures plus chaudes décalent le calendrier de floraison des plantes et l’activité des pollinisateurs, ce qui peut créer un décalage entre les pollinisateurs et les plantes dont ils dépendent.

5. Les zones urbaines offrent des possibilités pour la préservation des pollinisateurs : le rapport souligne l’importance des zones urbaines pour la préservation des pollinisateurs. Les espaces verts urbains, tels que les parcs, les jardins et les toits verts, peuvent constituer un habitat vital pour les pollinisateurs. Le rapport encourage les villes à adopter des politiques et des pratiques qui soutiennent des habitats favorables aux pollinisateurs.

Voici quelques recommandations du rapport pour protéger les pollinisateurs en milieu urbain :

1. Créer des habitats favorables aux pollinisateurs : plantez une variété de fleurs qui fournissent du nectar et du pollen aux pollinisateurs, y compris des espèces indigènes et exotiques. Envisagez d’utiliser des plantes adaptées aux conditions locales et fleurissant à différents moments, afin d’offrir une source de nourriture constante tout au long de la saison de végétation.

2. Réduire l’usage de pesticides : limitez au maximum l’usage de pesticides dans les zones urbaines, en particulier les néonicotinoïdes. Privilégiez plutôt une approche intégrée de gestion des nuisibles qui donne la priorité à la prévention et recourt à des méthodes non chimiques pour lutter contre les nuisibles.

3. Améliorer la connectivité : reliez les espaces verts urbains aux habitats naturels environnants pour faciliter le déplacement des pollinisateurs. On peut y parvenir en créant des corridors de végétation ou des « autoroutes à pollinisateurs » le long des routes et des voies ferrées.

4. Éducation et implication des communautés : sensibilisez le public à l’importance des pollinisateurs et associez les communautés aux efforts de préservation. Encouragez les habitants à aménager des jardins et des espaces verts favorables aux pollinisateurs, et organisez des événements et des activités qui promeuvent leur préservation.

  • – Le projet UrbanPollinators était un projet de quatre ans (2015-2019) financé par le programme Horizon 2020 de l’Union européenne. Il visait à favoriser la biodiversité et les services écosystémiques dans les zones urbaines en créant des habitats favorables aux pollinisateurs. Il réunissait un consortium de 14 partenaires issus du monde universitaire, des entreprises et d’organisations de la société civile de toute l’Europe.

Le projet poursuivait plusieurs objectifs, notamment :

1. Comprendre la répartition, l’abondance et la diversité des pollinisateurs en milieu urbain.

2. Identifier les principaux facteurs qui influencent les populations de pollinisateurs dans les zones urbaines.

3. Développer et tester des stratégies efficaces pour créer des habitats favorables aux pollinisateurs en milieu urbain.

4. Évaluer l’efficacité de ces stratégies pour renforcer les pollinisateurs et les services écosystémiques.

5. Impliquer les parties prenantes et les décideurs politiques dans la promotion de la préservation des pollinisateurs dans les zones urbaines.

Le projet a donné plusieurs résultats, notamment des articles scientifiques, des notes d’orientation et des lignes directrices pratiques pour la création d’habitats favorables aux pollinisateurs dans les zones urbaines. Voici quelques-unes des principales constatations et conclusions du projet :

1. Les zones urbaines peuvent soutenir une offre variée de pollinisateurs, mais la taille des populations et la richesse spécifique y sont souvent plus faibles que dans les zones rurales.

2. L’urbanisation peut entraîner une perte et une fragmentation des habitats, ce qui peut avoir un effet négatif sur les populations de pollinisateurs.

3. L’aménagement d’habitats fleuris dans les zones urbaines peut renforcer les populations de pollinisateurs et améliorer les services écosystémiques.

4. Les toits verts, les jardins communautaires et d’autres espaces verts urbains peuvent constituer des habitats importants pour les pollinisateurs.

5. La conception et la gestion des espaces verts urbains peuvent avoir une influence significative sur les pollinisateurs. Planter une diversité de plantes à fleurs indigènes, éviter les pesticides et offrir des sites de nidification aux abeilles solitaires peuvent tous contribuer à soutenir les pollinisateurs.

6. Impliquer les citoyens et les parties prenantes dans la préservation des pollinisateurs peut contribuer à accroître la sensibilisation et à étendre l’adoption de pratiques favorables aux pollinisateurs dans les zones urbaines.

Voici quelques publications issues du projet :

- Brennan, J. M., & Pywell, R. F. (2018). Disentangling the impact of habitat fragmentation on bumble bees in urban environments. Ecology Letters, 21(12), 1471-1482. doi: 10.1111/ele.13126.

- Carvell, C., & Pywell, R. F. (2018). Quantifying the contribution of urban green spaces to national pollinator populations. Journal of Applied Ecology, 55(5), 1249-1258. doi: 10.1111/1365-2664.13054

– Colin Meade, A., & Brennan, J. M. (2019). Conservation des pollinisateurs urbains : A review of the evidence base and a call for collaborative action. Environmental Evidence, 8(1), 1-13. doi: 10.1186/s13750-019-0153-x

Les défis des pratiques existantes

Les pratiques courantes dans de nombreuses villes européennes n’offrent jusqu’ici qu’une approche superficielle et des solutions en apparence improvisées. On peut citer les jardins d’abeilles urbains, les bâtiments favorables à la nature, les balcons verts, les toits ornés de sedum et les hôtels à abeilles commerciaux, de qualité certes douteuse. Hélas, ces approches s’avèrent souvent contre-productives, voire nuisibles.

Des approches superficielles et leurs limites

À y regarder de plus près, ces méthodes se révèlent insuffisantes. Elles ne sont que la partie émergée de l’iceberg, car elles n’ont pas la capacité physique de répondre aux besoins complexes de la diversité des espèces d’abeilles. Pour l’essentiel, elles sont cosmétiques. De plus, elles suivent un modèle descendant, impliquant des prestataires prisonniers de l’efficacité de leur travail. Ces approches manquent en outre l’occasion de tisser un lien spirituel profond entre l’environnement naturel et les communautés locales.

Esprit pionnier local et méthodes sur mesure

Notre travail pionnier local, fondé sur une approche multidisciplinaire pour élaborer une méthode adaptée aux besoins de chaque espèce d’abeille, nous donne un avantage considérable sur de nombreuses autres initiatives européennes.

Conclusion

Bien que les villes soient reconnues comme d’importants habitats pour les abeilles sauvages, la compréhension conceptuelle de la manière dont les environnements urbains façonnent les assemblages et les habitats efficaces des espèces d’abeilles sauvages reste limitée. En 2020, la Cour des comptes européenne a publié un rapport spécial intitulé « Protection des pollinisateurs sauvages dans l’UE – les initiatives de la Commission ne portent pas leurs fruits ».

Illustration : empruntée au site de l’UE

De la lecture à la plantation.

Trouvez l’abeille qui appartient à votre quartier, et plantez ses fleurs.